Plastique alimentaire : quels sont les vrais risques pour les hormones ?
- Vivreaunaturel
- 2 janv.
- 4 min de lecture
Pendant longtemps, j’ai utilisé du plastique en cuisine sans vraiment me poser de questions. Boîtes alimentaires, film plastique, plats réchauffés au micro-ondes… c’était pratique, économique et totalement banal.
Puis, en m’intéressant à la santé environnementale et aux
perturbateurs endocriniens, j’ai compris que la cuisine était l’un des principaux lieux d’exposition au quotidien.
Entre discours anxiogènes et messages rassurants, j’ai eu besoin d’y voir clair. Cet article a donc un objectif précis : expliquer ce que disent réellement les autorités sanitaires, sans dramatisation mais sans minimisation non plus.

Perturbateurs endocriniens : de quoi parle-t-on exactement ?
Les perturbateurs endocriniens sont des substances capables d’interférer avec le système hormonal.
Ils peuvent :
imiter une hormone naturelle,
bloquer son action,
ou perturber sa production et sa régulation.
Les autorités sanitaires (ANSES, EFSA, ministère de la Santé) s’accordent sur un point essentiel : le problème vient de l’exposition répétée, parfois à de très faibles doses, et non d’un contact ponctuel isolé.
Pourquoi le plastique alimentaire est un sujet central
Le plastique utilisé pour l’alimentation peut contenir ou libérer des substances reconnues ou suspectées comme perturbateurs endocriniens, notamment :
Bisphénol A (BPA)
Bisphénol S (BPS) et Bisphénol F (BPF), souvent utilisés comme substituts
Phtalates, présents surtout dans les plastiques souples
Ce que j’ignorais totalement avant mes recherches, c’est que ces substances ne sont pas chimiquement fixées au plastique. Elles peuvent migrer vers les aliments selon les conditions d’utilisation.
Ce qui favorise la migration des substances chimiques
Dans ma propre cuisine, j’ai identifié plusieurs situations très courantes qui augmentent cette migration :
1. La chaleur
C’est le facteur numéro un reconnu par les autorités sanitaires.
Chauffer un aliment dans un contenant plastique (micro-ondes, lave-vaisselle, eau chaude) augmente significativement la libération de BPA, BPS ou phtalates.
👉 C’est la première habitude que j’ai changée : plus aucun plastique au micro-ondes, même quand l’emballage indique “compatible”.
2. Les aliments gras
Les substances chimiques migrent davantage vers les aliments riches en graisses.
Fromages, plats en sauce, viandes grasses sont donc plus concernés que les aliments secs.
3. La durée de contact
Plus un aliment reste longtemps au contact du plastique, plus la migration est susceptible d’augmenter.
La conservation sur plusieurs jours dans des boîtes plastiques est donc un point clé.
4. L’usure des contenants
Rayures, blanchiment, déformation : ce sont des signes de dégradation.
Personnellement, j’ai éliminé plusieurs contenants que je gardais par habitude alors qu’ils étaient clairement usés.
BPA, BPS, phtalates : que disent exactement les autorités sanitaires ?
Le bisphénol A (BPA)
Le BPA est officiellement reconnu comme perturbateur endocrinien.
L’ANSES a mis en évidence des effets sur la reproduction, le métabolisme et le développement (données animales, signaux humains).
L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a drastiquement abaissé l’apport quotidien tolérable du BPA, estimant que l’exposition alimentaire représente un risque pour toutes les classes d’âge.
En conséquence, l’Union européenne a décidé l’interdiction du BPA dans les matériaux au contact des aliments.
👉 C’est un point important : cette décision n’est pas militante, mais réglementaire et scientifique.
Les substituts du BPA (BPS, BPF)
J’ai longtemps cru que les plastiques “sans BPA” étaient sûrs.
Or, l’ANSES souligne que plusieurs substituts présententdes propriétés endocriniennes similaires, même s’ils sont encore moins étudiés.
Autrement dit :
“Sans BPA” ne signifie pas automatiquement “sans risque”.
Les phtalates
Les phtalates sont principalement présents dans les plastiques souples (films, joints, couvercles).
Les autorités sanitaires reconnaissent :
leur capacité à migrer vers les aliments,
leur impact potentiel sur le système hormonal, notamment chez les enfants.
Là encore, le problème n’est pas une exposition ponctuelle, mais l’accumulation quotidienne.
Populations les plus vulnérables
Selon les agences sanitaires, certaines périodes de la vie sont plus sensibles :
grossesse,
petite enfance,
enfance et adolescence.
Ce que disent les autorités… et ce qu’elles ne disent pas
Ce qui est établi scientifiquement
La migration augmente avec la chaleur et le gras
Certains plastiques libèrent des substances à activité hormonale
L’exposition alimentaire est une source majeure de BPA
Ce qui est exagéré
L’idée que le plastique serait toxique au moindre contact
Le discours “tout plastique = danger immédiat”
La nécessité de tout remplacer d’un coup
Les autorités sanitaires recommandent une approche de précaution raisonnée, pas une suppression totale.
Les changements simples que j’ai mis en place
Sans transformer entièrement ma cuisine, j’ai commencé par :
utiliser du verre pour réchauffer les plats,
réserver le plastique au transport occasionnel à froid,
supprimer les films plastiques au contact des aliments chauds,
éliminer les contenants abîmés.
Ces gestes sont simples, peu coûteux et fortement recommandés par les autorités sanitaires.
En résumé
Le plastique alimentaire n’est pas un ennemi absolu, mais son usage doit être adapté et conscient.
Les autorités sanitaires sont claires :
👉 chaleur + gras + durée = exposition accrue.
Réduire ces situations permet de diminuer significativement l’exposition aux perturbateurs endocriniens, sans tomber dans l’excès ni la culpabilisation.








Commentaires